Note : Rapport provenant d'une seule source ; en attente de corroboration.

La Commission des droits de l'homme des Nations Unies au Soudan du Sud a averti que les violences persistantes, les tensions politiques, le rétrécissement de l'espace civique, la corruption endémique et l'impunité persistante continuent de mettre en danger la population et de menacer la transition démocratique prévue dans le pays. Au cours d'une visite de quatre jours, la Commission a rencontré des représentants du gouvernement, des acteurs politiques et sécuritaires, des représentants de la société civile et d'autres parties prenantes. Elle a exhorté les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils, garantir que l'aide humanitaire parvienne aux personnes dans le besoin et créer les conditions d'un dialogue politique inclusif en vue des élections prévues en décembre.

Le Soudan du Sud, le plus jeune pays du monde depuis son indépendance en 2011, a connu une guerre civile déclenchée par une lutte de pouvoir entre le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar, moins de trois ans après l'indépendance. Malgré un accord de paix signé en 2018, les combats persistent. La présidente de la Commission, Yasmin Sooka, en visite dans l'État de Jonglei, a recueilli les témoignages de survivants de violences récentes, notamment des agressions sexuelles, des meurtres, des déplacements de population et des séparations familiales. Ces survivants ont fait état d'un manque d'accès aux services médicaux, psychosociaux et autres services essentiels, y compris aux soins de santé d'urgence.

La Commission a exprimé sa vive préoccupation face aux meurtres, aux déplacements de population, aux attaques contre des civils et aux perturbations des opérations humanitaires, dans un contexte d'insécurité croissante pour les travailleurs humanitaires. Elle a notamment souligné une récente attaque contre une patrouille de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) à Jonglei, qui a coûté la vie à deux Casques bleus et en a blessé d'autres, et a demandé l'ouverture d'une enquête afin que les responsables rendent des comptes. La Commission a souligné le besoin crucial d'un soutien continu aux opérations humanitaires et à la MINUSS, en particulier compte tenu des pénuries de financement persistantes.

Alors que le Soudan du Sud se prépare à ses premières élections planifiées depuis son indépendance, la Commission a averti que la tenue d’élections sans garanties essentielles, telles qu’un dialogue politique authentique et inclusif, pourrait déclencher un nouveau conflit.