Note : Rapport provenant d'une seule source ; en attente de corroboration.
L’Afghanistan a subi plus de quatre décennies de conflit armé, entraînant de profonds dommages physiques, psychologiques, sociaux et économiques pour sa population civile, selon un rapport de l’ONU basé sur des entretiens avec des victimes et leurs proches menés jusqu’à la prise de pouvoir des talibans en 2021.
La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a recensé plus de 40 000 morts et plus de 77 000 blessés parmi les civils entre 2009 et 2021, victimes des combats opposant les forces de la coalition, le gouvernement, les talibans et d'autres groupes armés. Le présent rapport porte sur la période récente et s'appuie sur les témoignages de près de 200 victimes et de leurs proches.
D'après le rapport, 95 % des personnes interrogées ont subi des traumatismes émotionnels ou psychologiques, tels que la dépression, l'anxiété, des pertes de mémoire et des flashbacks. Près de 60 % ont subi des blessures physiques aux conséquences durables, notamment des douleurs chroniques et des handicaps. Nombre d'entre elles rencontrent des difficultés d'accès aux soins de santé en raison de contraintes financières et de la limitation des services médicaux en Afghanistan. Les blessures de certaines victimes ont entravé leurs perspectives d'éducation et d'emploi, entraînant des répercussions économiques importantes pour elles-mêmes et leurs familles. Par ailleurs, les femmes veuves du conflit sont confrontées à une précarité économique accrue, notamment en raison des restrictions d'emploi imposées par les autorités de facto.
Le rapport souligne également que 55 % des victimes n'ont jamais entrepris de démarches, doutant souvent que leur cas soit pris au sérieux ou craignant des représailles. Parmi celles qui ont demandé réparation ou justice, 64 % ont échoué, invoquant des obstacles bureaucratiques, l'absence de réponse, un sentiment de discrimination et un manque de transparence de la part des autorités ou des institutions.
Les victimes ont indiqué que leurs besoins les plus urgents étaient une compensation financière (81 %), l'accès à la justice (48 %) et des garanties de sécurité personnelle (47 %). Georgette Gagnon, de la MANUA, a souligné le traumatisme collectif au sein de la société afghane et a insisté sur le fait que répondre aux besoins des victimes exigeait la reconnaissance du préjudice et un véritable engagement en faveur de mesures réparatrices.